01/05/2006

l'ironie de l'histoire

Contrairement à ce que dit le père Brel dans "Orly", la vie fait parfois des cadeaux. Pour moi, ce film en est un. Depuis "Camping Cosmos" de Jan Bucquoy, en 1994, j'avais bien écumé quelques seconds rôles dans des téléfilms français, mais enfin, comme acteur et comme chanteur, l'essentiel de mon travail se passe en scène, pas sur les écrans. Qu'un réalisateur comme Lucas me propose donc trente jours de tournage, qui plus est dans un rôle "de composition" (je ne suis pas vraiment, a priori, ni métallo, ni pensionné, ni braqueur, ni alcoolique, ni wallon... ;-)), était déjà, en soi, une heureuse surprise. Que ce film se retrouve, neuf mois plus tard, dans la sélection officielle du festival de Cannes, en est évidemment une autre ! Non que monter ou descendre des escaliers soit, en soi, une activité bouleversante (j'habite au quatrième sans ascenseur, j'ai déjà donné, merci...), mais enfin, on connaît la place des fameuses "marches" dans l'imaginaire de l'acteur lambda, et pour quelqu'un que ses choix professionnels ont souvent condamné à une certaine clandestinité médiatique, se retrouver brutalement, ainsi, dans l'oeil du cyclone télévisuel, témoigne d'une savoureuse ironie. Cette ironie se double d'une autre. Moi qui ai autrefois, comme militant révolutionnaire, tant rêvé au rôle messianique de la classe ouvrière, n'est-il pas surprenant que, comme acteur, je fusionne finalement avec elle...? Et pendant que je prépare, avec Ivan Fox, un spectacle théâtral autour des textes du sous-commandant Marcos, n'est-il pas étonnant que je me retrouve, aujourd'hui, cagoulé et les armes à la main, pour incarner à l'écran cet autre destin ? Enfin, quel plaisir de retrouver sur ce projet Patrick Descamps, qui est dans le film mon principal partenaire de jeu, et comment oublier que nous fûmes, à l'époque, respectivement président et vice-président des "Etats Généraux du Jeune Théâtre" ? A ce titre, peut-être plus exposés que d'autres, il nous fallut avaler quelques crapauds et essuyer quelques crachats de la part des aparatchiks de la Culture Officielle. Ils seront bien sûr à Cannes. Comme l'année passée et comme l'année prochaine. Mais cette année-ci, on y sera aussi ;-)). Bises, ClaudeNB: sur www.wallimage.be , lire une interview sous le titre "Ni pour, ni contre, bien au contraire".

07:50 Écrit par Claude | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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