24/03/2007

Sarkozy ne sera pas président (...Ben si, il l'est !)

Bon, je me suis planté ;-))... J'avais prédit, il y a six semaines, que Sarkozy ne serait pas président de la République (voir "analyse" ci-dessous) ...et il l'est ! Ceci dit, mon "post" n'était pas une trop mauvaise analyse du premier tour et j'avais effectiment annoncé les deux "finalistes". Mais j'ai ensuite surestimé le mouvement de rejet qui frapperait Sarcozy (le fameux "tout sauf Sarkozy"!, qui n'a pas vraiment fonctionné) et sousestimé parallèlement les réserves que Ségolène Royal provoqueraient à l'intérieur de son propre camp — que ce soit par simple machisme ou pour des raisons politiquement plus fondées (l'affirmation soudaine, entre les deux tours, d'une possible alliance avec Bayrou, semble par exemple avoir été improvisée sans concertation collective des instances du PS). Je préciserais toutefois encore deux choses: 1/ Ségolène Royal est majoritaire dans "la France des moins de 65 ans"... mais ce sont les "plus de 65 ans" qui ont fait la différence, en votant à 75% pour Sarkozy ! Sarkozy n'est donc pas le président de "la France qui travaille", mais le président de la France qui sucre les fraises, pardon, de la France du quatrième âge. La gauche a reçu la pyramide des âges sur les pieds et cela nécessitera, à l'avenir, une attention particulière à cette partie de la population 2/ J'avais cru comprendre que Sarkozy allait se retirer quelques jours dans un monastère pour méditer et "habiter" sa nouvelle fonction présidentielle. Finalement, il a pris quelques jours de congé en méditerranée sur un yacht de milliardaire, qu'il a rejoint en jet privé après avoir fêté sa victoire au Fouquets... Ce qui ressemble nettement plus au personnage ! Premier acte, premier mensonge. Ah... la "France qui travaille", elle n'a pas fini de bouffer sa merde de nouveau riche ! XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Et à partir d'ici, voici ce que j'écrivais il y a six semaines.... XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Sarcozy commence peut-être à bien sentir sa campagne, mais moi je ne sens pourtant pas du tout Sarcozy président de la République.Mathématiquement, il a pourtant les cartes en main pour le devenir, et il sera je crois certainement au deuxième tour.Mais si le personnage est un "bon" candidat pour rassembler la droite, ce n'en est pas un pour rassembler la France, et il provoque d'allergiques rejets au centre et à gauche. Il a de belles "qualités" d'énergie et un indéniable talent oratoire (on s'en branle : Le Pen aussi), mais il transpire l'abus de pouvoir et il inquiète plus qu'il ne rassure. Or la France, de par son histoire, est politiquement divisée en deux grands camps ("la gauche" et "la droite") et il faut, pour devenir président(e) de la république, rassembler "les siens" tout en jetant quelques passerelles vers "les autres". Mitterrand, de par sa trajectoire personnelle, De Gaulle, qui gouverna avec les communistes, Chirac, par sa plasticité radical-socialite, et même Giscard, qui, avant de devenir une momie confite de la droite, imposa quelques mesures progressistes (comme la loi sur la légalisation de l'avortement), surent incarner cette figure paradoxale. Quand Sarcozy cite à la fois Jaures, Blum et son Ministère de la déportation identitaire, cela donne simplement envie de ricaner et de vomir.Ecartons d'emblée l'hypothèse Le Pen au deuxième tour. Je n'y crois pas une seconde. Sarcozy le borde sur sa droite avec des barbelés plein la bouche, la gauche n'a pas oublié le traumatisme du 21 avril 2002 (Jospin éliminé au premier tour), Chevénement et les Radicaux de gauche sont rentrés à l'écurie pour quelques secrétariats d'Etat et un Ministère (merci Hollande) et une bonne partie des votes "fouteur-de-merde" s'exprimeront plutôt (et paradoxalement) sur Bayrou.Restent, précisément, Bayrou et Ségolène Royal.Bayrou a certainement été la révélation de cette campagne mais je ne le vois pas doubler Sarko ou Royal au premier tour. Il n'a pas de majorité parlementaire pour asseoir son action et toutes les alliances locales de l'UDF sont à droite (comme d'ailleurs toute la trajectoire politique de Bayrou). Cela ne fera pas nécessairement "pchtt" à moyen terme (ce n'est peut-être que partie remise pour la prochaine fois), mais son ambition (proclamée) de bouleverser le paysage politique gauche-droite et de créer un "grand parti du centre" devrait d'abord s'incarner ici et là régionalement avant de prétendre s'affirmer comme modèle national. Je pense.Je n'ai pour Ségolène Royal ni l'admiration des uns, ni le mépris des autres. Sa volonté affichée de refonder la république dans une citoyenneté participative me semble honorable. Elle porte et incarne les valeurs traditionnelles de la gauche tout en n'abandonnant pas à la droite des valeurs comme la sécurité ou le patriotisme. Là où elle se trouve, ce caractère hybride ne me dérange pas et, comme je l'ai dit plus haut, cette "transgression" lui permettra peut-être d'incarner une majorité du peuple français. Elle incarne à la fois une France des terroirs et une France plus moderne, plus féminine, plus métissée, quand le petit César de Neuilly n'incarne que son égo surdimensionné.Ce sera ric-rac, mais je vois assez bien, au-delà des vapeurs sondagières, un second tour Sarcozy-Royal et une victoire étriquée de la seconde grâce au T.S.S. (tout sauf Sarcozy).On verra dans un mois si je suis le plus mauvais analyste politique de Belgique et de Navarre ;-).En tous cas, maintenant que je l'ai écrit, on pourra mettre mon nez dedans !Bises, ClaudeNB: Si je votais en France, j'aurais probablement voté Bové ou Besancenot au premier tour, mais on s'en fout, non ?semal trio

14:38 Écrit par Claude dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |