10/06/2007

MARSEILLAISE (extrait de ma chronique dans le bimestriel belge "Imagine"— mai 2007)

Parce que Ségolène Royal fait chanter la Marseillaise dans ses meetings et propose de pavoiser les fenêtres le 14 juillet, les Verts et l’extrême gauche l’accusent parfois de « courir après Le Pen ». Ce reproche me semble infondé. Un drapeau français dans chaque maison, c’est peut-être cul-cul. C’est peut-être « de la démocratie de supporters de football ». Mais quand elle parle d’identité française, Ségolène Royal le fait sans la moindre ambiguïté. Sa République est métissée et sociale, forte de son histoire et de ses valeurs humanistes. Au nom de quel renoncement symbolique faudrait-il donc abandonner son drapeau à l’extrême droite ? Si Le Pen s’emparait demain du drapeau rouge ou du drapeau vert, refuserions-nous de les lui disputer ?****La question de l’identité — ce socle idéologique et symbolique commun qui nous aide à partager le même espace public — ne me semble d’ailleurs pas, en soi, « de gauche » ou « de droite ». Dans les sociétés les plus archaïques, il est à la base de tout processus de socialisation. Comme si les communautés humaines, pour prendre corps et survivre, avaient besoin de se singulariser. De se tatouer la peau, de se limer les dents, de se couper le sexe, de s’allonger le cou ou les oreilles. De partager des rites, des costumes et des chants. Nous, c’est nous ; eux, c’est eux. Aujourd’hui encore, quand un juif ou un musulman se coupe le prépuce et s’impose certains tabous alimentaires, que fait-il d’autre qu’inscrire, dans son propre corps, une barrière symbolique entre sa communauté et les autres hommes ? ****A ces rites premiers sont venus s’ajouter ou se substituer, au cours des siècles, les religions, le sentiment national et les idéologies (le communisme fut, par exemple, un fameux ciment identitaire). Dans les sociétés modernes, ce lien se prolonge et se réinvente à travers la famille, l’école, le travail, la citoyenneté et la culture (2). Etre moderne ou progressiste, ce n’est donc pas nier avoir une identité. C’est reconnaître des identités plurielles qui pourront et devront s’emboîter, s’articuler et se hiérarchiser. Je peux ainsi être juif, médecin, amateur de rap, breton, écologiste, français, européen, supporter du PSG et d’origine tunisienne. Tant que le PSG ne joue pas contre le FC Nantes, où est le problème ? Oui ! Soyons européens, internationalistes, universalistes ! Mais n’oublions pas que c’est au sein de l’espace national, d’abord, que la démocratie concrètement se vit, s’imagine et se construit. Aussi, dans cette chaîne identitaire, ce serait, je crois, une faute politique majeure de « zapper » l’échelon « bleu-blanc-rouge» parce qu’un certain nationalisme xénophobe et guerrier a jadis engraissé les champs de bataille d’Europe et de l’Empire. Le patriotisme métissé de Ségolène Royal n’a d’ailleurs rien à voir avec cela. Ce n’est pas un facteur de guerre. C’est un facteur de paix. Dans une société multiculturelle, il est là pour rassembler symboliquement les communautés et les tribus dans le creuset de la république. Car si la nation ne le fait pas, qui le fera ? ***(1) L’usage de l’arme nucléaire fait, en France, partie des prérogatives de la Présidence de la République. ***(2) Dans les sociétés traditionnelles, la communauté coïncide avec l’espace public. Dans les sociétés modernes, l’enjeu identitaire et de dépasser le communautarisme (« vivre avec ceux qui nous ressemblent ») pour partager l’espace public « avec ceux qui ne nous ressemblent pas ». Cela exige, toujours, du temps, des moyens et un outillage symbolique approprié.7EP21CovB

08:14 Écrit par Claude dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/03/2007

Sarkozy ne sera pas président (...Ben si, il l'est !)

Bon, je me suis planté ;-))... J'avais prédit, il y a six semaines, que Sarkozy ne serait pas président de la République (voir "analyse" ci-dessous) ...et il l'est ! Ceci dit, mon "post" n'était pas une trop mauvaise analyse du premier tour et j'avais effectiment annoncé les deux "finalistes". Mais j'ai ensuite surestimé le mouvement de rejet qui frapperait Sarcozy (le fameux "tout sauf Sarkozy"!, qui n'a pas vraiment fonctionné) et sousestimé parallèlement les réserves que Ségolène Royal provoqueraient à l'intérieur de son propre camp — que ce soit par simple machisme ou pour des raisons politiquement plus fondées (l'affirmation soudaine, entre les deux tours, d'une possible alliance avec Bayrou, semble par exemple avoir été improvisée sans concertation collective des instances du PS). Je préciserais toutefois encore deux choses: 1/ Ségolène Royal est majoritaire dans "la France des moins de 65 ans"... mais ce sont les "plus de 65 ans" qui ont fait la différence, en votant à 75% pour Sarkozy ! Sarkozy n'est donc pas le président de "la France qui travaille", mais le président de la France qui sucre les fraises, pardon, de la France du quatrième âge. La gauche a reçu la pyramide des âges sur les pieds et cela nécessitera, à l'avenir, une attention particulière à cette partie de la population 2/ J'avais cru comprendre que Sarkozy allait se retirer quelques jours dans un monastère pour méditer et "habiter" sa nouvelle fonction présidentielle. Finalement, il a pris quelques jours de congé en méditerranée sur un yacht de milliardaire, qu'il a rejoint en jet privé après avoir fêté sa victoire au Fouquets... Ce qui ressemble nettement plus au personnage ! Premier acte, premier mensonge. Ah... la "France qui travaille", elle n'a pas fini de bouffer sa merde de nouveau riche ! XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Et à partir d'ici, voici ce que j'écrivais il y a six semaines.... XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX Sarcozy commence peut-être à bien sentir sa campagne, mais moi je ne sens pourtant pas du tout Sarcozy président de la République.Mathématiquement, il a pourtant les cartes en main pour le devenir, et il sera je crois certainement au deuxième tour.Mais si le personnage est un "bon" candidat pour rassembler la droite, ce n'en est pas un pour rassembler la France, et il provoque d'allergiques rejets au centre et à gauche. Il a de belles "qualités" d'énergie et un indéniable talent oratoire (on s'en branle : Le Pen aussi), mais il transpire l'abus de pouvoir et il inquiète plus qu'il ne rassure. Or la France, de par son histoire, est politiquement divisée en deux grands camps ("la gauche" et "la droite") et il faut, pour devenir président(e) de la république, rassembler "les siens" tout en jetant quelques passerelles vers "les autres". Mitterrand, de par sa trajectoire personnelle, De Gaulle, qui gouverna avec les communistes, Chirac, par sa plasticité radical-socialite, et même Giscard, qui, avant de devenir une momie confite de la droite, imposa quelques mesures progressistes (comme la loi sur la légalisation de l'avortement), surent incarner cette figure paradoxale. Quand Sarcozy cite à la fois Jaures, Blum et son Ministère de la déportation identitaire, cela donne simplement envie de ricaner et de vomir.Ecartons d'emblée l'hypothèse Le Pen au deuxième tour. Je n'y crois pas une seconde. Sarcozy le borde sur sa droite avec des barbelés plein la bouche, la gauche n'a pas oublié le traumatisme du 21 avril 2002 (Jospin éliminé au premier tour), Chevénement et les Radicaux de gauche sont rentrés à l'écurie pour quelques secrétariats d'Etat et un Ministère (merci Hollande) et une bonne partie des votes "fouteur-de-merde" s'exprimeront plutôt (et paradoxalement) sur Bayrou.Restent, précisément, Bayrou et Ségolène Royal.Bayrou a certainement été la révélation de cette campagne mais je ne le vois pas doubler Sarko ou Royal au premier tour. Il n'a pas de majorité parlementaire pour asseoir son action et toutes les alliances locales de l'UDF sont à droite (comme d'ailleurs toute la trajectoire politique de Bayrou). Cela ne fera pas nécessairement "pchtt" à moyen terme (ce n'est peut-être que partie remise pour la prochaine fois), mais son ambition (proclamée) de bouleverser le paysage politique gauche-droite et de créer un "grand parti du centre" devrait d'abord s'incarner ici et là régionalement avant de prétendre s'affirmer comme modèle national. Je pense.Je n'ai pour Ségolène Royal ni l'admiration des uns, ni le mépris des autres. Sa volonté affichée de refonder la république dans une citoyenneté participative me semble honorable. Elle porte et incarne les valeurs traditionnelles de la gauche tout en n'abandonnant pas à la droite des valeurs comme la sécurité ou le patriotisme. Là où elle se trouve, ce caractère hybride ne me dérange pas et, comme je l'ai dit plus haut, cette "transgression" lui permettra peut-être d'incarner une majorité du peuple français. Elle incarne à la fois une France des terroirs et une France plus moderne, plus féminine, plus métissée, quand le petit César de Neuilly n'incarne que son égo surdimensionné.Ce sera ric-rac, mais je vois assez bien, au-delà des vapeurs sondagières, un second tour Sarcozy-Royal et une victoire étriquée de la seconde grâce au T.S.S. (tout sauf Sarcozy).On verra dans un mois si je suis le plus mauvais analyste politique de Belgique et de Navarre ;-).En tous cas, maintenant que je l'ai écrit, on pourra mettre mon nez dedans !Bises, ClaudeNB: Si je votais en France, j'aurais probablement voté Bové ou Besancenot au premier tour, mais on s'en fout, non ?semal trio

14:38 Écrit par Claude dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/12/2006

La fin de la Belgique ? Vive la RTBF!

Je participe à une liste d'information où plusieurs prises de positions outrées ont suivi l'émissions de la RTBF sur "l'indépendance de la Flandre" (un reportage de télé-fiction qui faisait croire aux télé-spectateurs, en direct, à l'éclatement de la Belgique). Sans avoir vu moi-même l'émission (et pour cause!), voici ce que j'ai répond à un message titré "Honte à la RTBF!"Vive la RTBF!Je ne suis pas d'accord avec vous, les amis.Je n'ai pas vu l'émission de la RTBF puisque je travaillais (je suis au Théatre Le Public jusqu'au 31 avec "Cabaretje", qui parle précisément... de la Belgique).Mais à priori, l'initiative de la RTBF, aussi explosive soit-elle, me semble plutôt positive. Mélanger l'information et le spectacle, l'émotion et la réflexion, c'est ce que la télévision fait en permanence — sans toujours le dire. Apprendre à se méfier des images et des manipulations qu'elles induisent n'est jamais inutile.Ce qui me semble important, moi, c'est qu'il y ait un véritable débat sur l'avenir de la Belgique. Un débat populaire. Que l'on sorte des langues de bois et des faux semblants des petits cénacles politiques. En ce sens, je trouve ce "choc" plutôt salutaire. Pour une fois que la RTBF fait preuve d'inventivité et de courage !Je comprends très bien que certaines personnes aient pu être "choquée". Mais c'est précisément cela le rôle de la fiction : s'autoriser à être choqué "pour du faux", sans véritables enjeux, pour ne pas devoir être un jour choqué "pour du vrai" (voir l'horreur de la guerre sur un grand écran pour ne plus jamais faire la guerre pour de vrai).Bien cordialement, Claude SemalClaude Semal et Eric Drabs2

12:22 Écrit par Claude dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/10/2006

chronique imagine septembre

Bonjour, je tiens régulièrement une chronique dans le bimestriel belge "Imagine". Voici celle du mois de septembre 2006. Bien cordialement à vous! Claude« J’ai confiance en l’injustice de mon pays »(photo vercheval)Semal006En ce mois de septembre 2006, je passerai, pour la onze ou la douzième fois, devant un Tribunal. Je n’aime pourtant vraiment pas ça et, tant qu’elle ne contredit pas ma conscience, je respecte la loi. Mais la loi nous respecte-t-elle ? Du plus drôle au plus absurde, florilège de mes procès.1972 / le plus comique. Et le plus ancien : le tribunal militaire qui a statué sur mon statut d’objecteur de conscience. À l’ombre de Boris Vian et de Hara-kiri, j’avais écrit une lettre de motivation ironiquement anti-militariste. Je ne suis pas sûr qu’elle fût aussi drôle que je l’eusse souhaité, mais la situation, elle, l’était assurément. Car elle fut lue, debout, à voix haute, par un militaire de carrière qui en désapprouvait visiblement chacun des termes — devant un parterre de futurs objecteurs hilares. Le malheureux dû même, à deux reprises, interrompre sa lecture, car plus il faisait la grimace en prononçant mes insanités, plus, évidemment, la salle entière hurlait de rire. Le Président du Tribunal, un colonel en civil, avait visiblement lui-même du mal à garder son sérieux. Une belle leçon de théâtre. Et ma demande fut acceptée. Yes !1977 / le plus terrifiant. Rira bien qui rira le dernier. Avant mon service civil, je devais, comme tous les miliciens, passer une visite médicale. Or j’étais, à l’époque, une des chevilles ouvrières de l’hebdomadaire POUR. J’ai donc retardé au maximum, je l’avoue, cette formalité administrative. Au bout de deux ans, on me convoqua finalement au Tribunal (civil) et on m’intima l’ordre de me mettre en règle. Ce que je fis. Puis, comme j’étais responsable des numéros d’été du journal, je partis en vacances en juin. Je fus, malheureusement, convoqué au Tribunal durant cette période, et, en mon absence, condamné à six mois de prison ferme. Or à partir de six mois, les peines sont immédiatement exécutoires. Je fus donc arrêté à mon retour, dans le train, puis menotté à un radiateur de Liège Guillemin et expédié en short à la prison de St Léonard. J’y ai passé huit jours, le temps de prouver ma bonne foi… pendant les vacances judiciaires ! Humainement, un épisode très instructif. Tous les juges devraient, je trouve, faire anonymement quinze jours de tôle à la fin de leurs études. Histoire de voir à quoi ils condamnent les gens. Ouille !1981 / le plus musical. En 1979, j’avais écrit une chanson pour dénoncer la pollution par le plomb de la Métallurgie Hoboken, la principale entreprise de métaux non ferreux du pays. Avec les « Ateliers du Zoning », nous l’avions chantée, une fois, et ce n’est pas un belgicisme, à 22h30, à l’émission « Autour des Usines ». Suite à ce matraquage radiophonique, l’usine nous attaqua en diffamation. Elle réclamait 100.000 FB de dommages et intérêts et la destruction immédiate de tous les disques (qui n’existaient pas, mais que nous nous sommes évidemment empressés d’enregistrer). À la barre, avec Michel Graindorge, nous citâmes « la Marseillaise », « l’Internationale », Renaud et le droit à l’amplification poétique —, mais nous pûmes aussi prouver que tous les faits cités dans la chanson étaient exacts. Nous fûmes acquittés. Yes !1980 / le plus politique. Entre 1975 et 1980, je fus, comme secrétaire de rédaction du journal POUR, impliqué dans six ou sept procès de presse. Je me souviens, en particuliers, de l’affaire des « microfiches B ». Un traducteur intérimaire, qui travaillait au Ministère de la Justice sur les fax d’Interpol, nous avait apporté la preuve que les polices européennes, en toute illégalité, se communiquaient des informations politiques sur les syndicalistes et les militants. Les fameuses « microfiches B ». Nous publiâmes les fax, et nous fûmes aussitôt accusés de vol et de recel de documents. Nous plaidâmes sur la forme (une photocopie de fax est-elle le fax lui-même ?) et sur le fond (blablabla, la liberté de la presse, la défense des droits démocratique et le secret des sources). La plupart des autres journaux nous apportèrent leur soutien. Nous fûmes acquittés. Mais notre informateur, qui avait pourtant dénoncé une pratique illégale, fût, lui, lourdement condamné. Ouille !2006 / le plus long et le plus absurde. Depuis vingt ans, l’INASTI me réclame des cotisations « d’indépendant » pour les années 1986, 1988 et 1989. J’étais alors, comme aujourd’hui, travailleur du spectacle, et la loi de 1969 faisait donc obligatoirement de moi un travailleur salarié. Mais dans le circuit où je jouais (Maisons de Jeunes, Foyers Culturels, cabarets…), aucun de mes employeurs occasionnels ne payait de cotisations de travailleur salarié pour un artiste (faites encore l’expérience aujourd’hui !). En outre, comme je chante mes propres chansons, je touchais parallèlement de (modestes) droits d’auteur. L’INASTI prend appui sur ces revenus « d’indépendant » (5.000 Euros en trois ans) pour me réclamer… 5.000 Euros de cotisations ! Mais quel « indépendant » irait développer une activité qui lui coûterait, en cotisations, la totalité de ses revenus ? Bienvenue en Absurdistan. En 1986 et 1987, j’étais, en fait, l’exemple typique d’un jeune comédien qui, en entrant dans la vie active, cherche à conquérir et faire respecter ses droits sociaux de travailleur salarié. Ce qui fut effectivement le cas à partir de 1988 (sept mois de contrats, grâce au succès « d’Odes à Ma Douche »). En être privé ne faisait pas de moi, par défaut, un « travailleur indépendant ». Mais un chômeur sans droits, dont la modestie des revenus auraient pu me faire postuler au CPAS ! La Cour du Travail de Bruxelles, sur cette base, m’a pourtant déjà condamné. Nous sommes en appel. On me réclame aujourd’hui, avec les arriérés judiciaires, … 20.000 Euros. Soit un an de mes revenus actuels. Je fais quoi ? Je me suicide tout de suite, ou je m’énerve d’abord ? Et le premier homme politique qui me parle encore de « statut de l’artiste », je lui fais le coup de Zidane. En visant les yeux.Pour la route. Les juges me font souvent penser à ces médecins de Molière qui s’échangeraient des jurisprudences comme autant de citations latines. Peu importe dès lors que le malade soit mort et le jugement absurde. L’important, c’est d’avoir classé la maladie dans la bonne rubrique, sous le bon alinéa. Toutefois, si la Cour du Travail jugeait, cette fois, cette affaire avec logique, équité et humanité — en un mot, avec justice — je ne manquerai pas de vous le faire savoir.Ouille, ouille, ouille !Claude Semal

08:40 Écrit par Claude dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/09/2006

La dernière blague belge

Oui, la presse française a souvent été dithyrambiques pour Patrick et moi dans "La Raison du plus faible" (avec Lucas aussi, d'ailleurs)... Mais, à l'exception notable du Soir, de la Libre Match et du Vif/L'Express, une partie de la presse belge semble froncer le nez devant les acteurs du terroir. On sent le fromage de Herve, ou quoi ? Totalement délirant : en France, on nous cite pour un prix d'interprétation (La Voix du Nord) ou un César (Télérama), nous sommes "formidables" "bouleversants", « époustouflants », « des acteurs d'exception » (France Inter, le Nouvel Obs, Marianne, Politis, Les Echos...), et en Wallonie... nous ne serions, parait-il, « pas à niveau »! (Télémoustique, Vers l'Avenir, La Dernière Heure). Alors que les acteurs du film sont originaires de Mons, Ciney, Namur, Bruxelles, Seraing et Paris, nos cinéphiles autochtones vont tout de suite à l'essentiel et s'interrogent, gravement, sur la proximité de nos accents avec le wallon de Liège. Ca, c'est de la critique de cinéma ! Je sais bien que "nul n'est prophète dans son pays", mais, au bout de trente ans, la fréquentation récurrente de ces conneries de comptoir, de cette étroitesse de vue, de cette suffisance de province, de ces critiques de garçons coiffeurs et de garçons bouchers, a quelque chose d'aussi désespérant qu'exaspérant... Faut-il encore en rire ou en pleurer ? Bises, Claude

15:21 Écrit par Claude dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |